Episode 3 - Les colocataires

et je te parle déjà de nos deux boules de poil.


Donc depuis août dernier, il y a deux chats à la maison. Cacahouète et Mistigri, celui-ci ayant été adopté pour sociabiliser la première nommée. Et ça fonctionne. Certes les progrès sont lents mais de ce que nous en observons, la miss est réceptive et son comportement évolue au fil des mois.


Voici un petit aperçu. Chaque matin j’ouvre un œil autour de 6h30, le ventre ou la hanche alourdi du poids de Cacahouète, la chatte ayant décidé au cœur de l’hiver que c’était un truc sympa de squatter une partie de mon corps. Si mes mains sont déjà sous la couette, je joue avec le dessous de ses pattes, que je gratte et soulève. Je vais parfois jusqu’à son flanc dont je sens la chaleur au travers des épaisseurs. Puis d’un coup elle quitte son promontoire humain, signal tacitement convenu que je dois me lever. Parce qu’elle a faim… Certaines fois c’est Mistigri qui la déloge parce qu’il a faim, lui aussi.


Bien entendu comme tout esclave qui se respecte, je prépare la gamelle des mini-fauves avant de me servir quoi que ce soit. Mistigri surveille mes faits et gestes, allant et venant la queue droite sur le plan de travail en ronronnant comme un diesel, pendant que Cacahouète attend à mes pieds, faisant elle aussi des allers et des retours, se hasardant parfois à venir frotter un dos rond et doux à mes mollets.


Lorsque la faim disparait, le jeu commence. Course poursuite sur le canapé, saut de l’ange par-dessus mon épaule alors que je suis absorbée par ma méditation matinale, dérapage à la Tex Avery sur le carrelage lisse… L’un court après l’autre et inversement, dans tous les recoins de l’appartement. Va savoir pourquoi, certains jours c’est calme plat, chaque félin reste sagement allongé sur un bras du sofa, lorgnant placidement son congénère ou l’ignorant ostensiblement tout à sa toilette.


Puis vers midi trente, les matous viennent traîner autour de la cuisine, yeux clignotants et oreilles en alerte. Pour ce repas de milieu de journée, je prépare un mélange de viandes fraiches, sur lequel je verse un peu d’eau ainsi que des compléments alimentaires.

Il y a encore quelques mois, chaque animal avait sa propre assiette avec un poids égal de nourriture. Mais voyant le mâle commencer le repas dans sa gamelle et le finir dans l’assiette de sa copine, maintenant c’est un seul contenant pour deux et chacun se débrouille. Tantôt c’est l’un qui englouti la plus grosse portion, tantôt c’est l’autre… Ne t’inquiète pas, ils sont bien nourris.


L’après-midi, la plupart du temps les chats s’installent pour une longue sieste dans notre chambre, fraîche et calme.

La bonne nouvelle c’est que depuis mars, je peux enfin caresser notre Cacahouète. Je dois cependant attendre que la demoiselle soit bien installée et détendue. Assise à sa hauteur, je commence par caresser sa queue, de la racine à la pointe, puis je pose très doucement ma main sur le bas de son dos que j'effleure d’un geste léger, doux et régulier. Au début elle guette chacun de mes gestes, à l'affut, puis peu à peu elle se détend à nouveau. Il m’arrive même de percevoir une légère vibration sous ma main à défaut de l’entendre ronronner tellement cette chatte est discrète.


Nos félins sont vite devenus de grands copains. Cacahouète a révélé un caractère doux et patient avec le chaton, le toilettant dès que l’occasion se présente. Mistigri, vif et bavard, l’aide à communiquer avec nous, de multiples façons. Maintenant il n'est pas rare que la chatte s'approche de nous alors que je câline Mistigri ronronnant comme un moteur. Je pense que cette interaction l'intrigue et j'ose espérer que nous pourrons tout autant caresser et cajoler nos deux amis. Un jour...