L'écologie ménagère et le colibri

Ou la difficulté à faire et penser écologie quand tu vis dans une grande ville.


En fait, je n'aime pas commencer un article par une négation, ça peut fermer le cerveau à ce qui vient ensuite. Cependant, je compte sur ta curiosité pour poursuivre cette lecture et aussi, j'ai envie de te parler aujourd'hui de la complexité à instaurer des habitudes écologiques au sein même de la vie citadine.


Prenons l'exemple du tri des déchets ménagers... Une célèbre marque nous propose chaque année dans son joli catalogue divers bacs (en plastique) afin d'organiser au mieux ce fameux tri. Bien que la proposition soit louable, encore faut-il avoir une cuisine déjà pensée pour cela ou suffisamment grande. La mienne est longue et étroite. Une fois casés le frigo, les meubles, la caisse couverte du chat et la poubelle, il n'y a plus un seul centimètre carré pour y mettre quoi que ce soit d'autre, même sous l'évier. Du coup, bidons de plastiques et autres bouteilles et bocaux vides flirtent un temps au pied de la poubelle en attendant que je veuille bien les donner à manger aux bacs de tri de la résidence.


La question du plastique et celui de l'emballage en particulier m'interroge souvent, aussi parce que je ne peux m'empêcher de frémir en mon for intérieur de savoir ces mers de plastiques dérivant dans nos océans ou polluant des kilomètres carrés de territoires, sans parler de la faune, empoisonnée, asphyxiée, piégée... (PS : pense à couper les élastiques de ton masques avant de le jeter)


Dans les magasins bio, les fruits et légumes sont en vrac ainsi qu'une ribambelle de produits alimentaires comme farine, graines, pâtes, café, sucre et j'en passe.

Mais les autres produits frais ainsi que les secs sont en grande majorité emballés de plastique (à quelques rares exceptions) à l'identique des grandes surfaces classiques. Se pose alors à moi, consommatrice, le dilemme d'acheter ou pas tel ou tel produit lorsque je fais mes courses hebdomadaires. Se sentir tiraillée entre conscience environnementale et praticité, c'est pas toujours confortable ma bonne dame...


Revenir au temps où nos grand-mères allaient tous les jours à la boulangerie, chez l'épicier et le boucher du quartier ou attendaient patiemment l'arrivée du camion qui visitait les villages du coin un jour sur deux ? Douce utopie car il faudrait faire un bond en arrière de 50 ans, technologie comprise, ce qui n'est pas possible. Et sauter à pieds joints dans la théorie de la décroissance, tout le monde n'a pas forcément l'envie ou la ressource de suivre ce modèle pour des tas de raisons. Pour l'instant.


Alors, comme le colibri qui arrose la forêt en feu avec son petit bec rempli d'eau, je fais moi aussi le choix de faire ma part : tri des déchets recyclables, achat de produits frais et de saison, limitation des produits emballés le plus souvent possible, fabrication maison des produits ménagers et cosmétiques (je t'en parlerai dans un autre article) mais aussi cuisiner, donner, échanger, réparer, acheter du seconde main, soigner naturellement les petits bobos...

Et un jour qui sait, j'aurai un composteur et même un lombricomposteur, un carré de jardin que je ne désherberai jamais et où pousseront légumes, fruits rouges, plantes aromatiques et fleurs (parce que faire pousser tout ça dans un appartement, là c'est pas trop possible...).


Et toi, consommateur averti, vigilant et citadin, que fais-tu ? J'aimerai bien te lire car tu as certainement déjà mis en place des actions auxquelles je n'ai pas encore pensé !


Quoi qu'il en soit, n'oublies jamais qu'au bout de toute chaîne de production, c'est toi qui décide...

Quel pouvoir, non ?!