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Le plein et le vide

Ma façon de pratiquer l’art, c’est comme un éternel aller-retour. Je t’explique.

Avec un peu de recul, que ce soit l’acrylique ou l’aquarelle, je constate qu’il y a dans ma production des périodes de pleins et des périodes de vides.

Et en ce moment, c’est plutôt « vide »…


Parlons des pleins pour l’instant. C’est une phase que j’aime beaucoup parce que je produis énormément. Tout est source d’inspiration. Une musique, la douceur d’un tissu, le baiser de mon chéri, la caresse d’un chat, une lecture, une vidéo ASMR, l’ambiance du jour, un parfum, le soleil qui éclaire la pièce… c’est no limit.

J’ai l’impression d’être connectée à tout, tout le temps sauf peut-être lorsque je dors.

Par conséquent, je travaille sur deux ou trois carnets de croquis en même temps, laissant sécher le premier, pour préparer le second et reprendre le troisième. Ça va vite et sans réfléchir. La matière est déposée, parfois raclée ou épaissie, les couleurs et les écritures se superposent ou se chevauchent sans peine. Les quelques heures qui s’écoulent alors semblent n’être qu’une poignée de minutes lorsque je décide enfin de rincer le matériel et de fermer les carnets une fois secs.

Il n’est pas rare, lorsque je regarde ce que j’ai produit la veille ou quelques heures auparavant, d’être surprise par le résultat tellement le mental est absent lors de ces productions.


Pour les vides, l’histoire est bien différente. J’ai beau me mettre devant ma table, rien n’arrive. Pas d’envie, pas d’impulsion. Le cœur est sec ou occupé ailleurs. Tout me pousse à faire autre chose comme si ce n’était pas le moment. Je m’y colle le matin, rien. J’y reviens l’après-midi, pas mieux… Impression de tourner autour du pot, partout ailleurs tout m’attire sauf dans l’espace de travail.

J’ai beau feuilleter mes derniers carnets, chercher l’inspiration sur internet, ranger, nettoyer la table à dessin, rien n’y fait. C'est dans ces moments là que j’envie ces artistes qui donnent l'impression de produire comme ils respirent... Ont-ils eux aussi ces creux, ces mini abysses de silence et de rien ?


Il y a quelques temps je fustigeais encore ma paresse et me pensais feignante (ah ces fichues croyances !). Pour finalement comprendre -et accepter- que ce « refus » n’est qu’un repli intérieur. C’est une étape nécessaire, pour ne pas dire indispensable, à ce qui viendra par la suite.


"Oui, mais quand ?" dit l'impatience...

Question sans réponse, parce que comme la vie, ça va et ça vient. Et lorsque le repli n’est pas jugé comme empêchant, alors l’ouverture peut se faire… au bon moment.


Bien à toi !

Travail en cours - décembre 2022

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