Le regard intérieur

Dans la vie il y a des trucs qui énervent… Et sans doute dans la tienne aussi.

Par exemple, l’informatique. Tant que ça fonctionne bien c’est-à-dire « tout seul », je suis la plus heureuse des femmes. Mais si le moindre grain de sable vient perturber la fluidité de cette belle invention, alors là, je me transforme illico en folle furieuse, me tordant les doigts de désespoir, m’arrachant les cheveux, bavant de rage et d’impuissance, pleurant des suppliques aux dieux odieux de l’informatique. Bien sûr j’exagère mais tu vois le tableau.

J’avoue que je suis fortement tentée de jeter mon ordinateur par la fenêtre dès que ça part en cacahouète, ce qui pourrait coûter cher en matériel mais qui serait une solution envisageable si je n’habitais pas au 7ème étage avec des gens, des chiens et des écureuils qui passent en dessous. Envahie d’une colère sourde et noire comme si on m’avait privé injustement de mon jouet, je ronge mon frein jusqu’à ce que Chéri débuggue l’appareil et me délivre du même coup de ma grogne et de mon envie de tout bousiller.

Pourtant les solutions sont simples la plupart du temps, ce qui n’empêche pas toujours un débordement émotionnel.


Ca me rappelle qu'il y a une vingtaine d’années, lorsque j’ai commencé à coudre, je n’ai pas tout de suite compris qu’il me fallait un patron. J’avais juste mon idée, du tissu, une machine à coudre, un savoir-faire très limité. Les tutos n’existaient pas encore et l’accès à Internet, compliqué et lent. Aussi, déchirer et jeter des coupons entiers sous la colère et la frustration ne bénéficiait qu’au marchant de tissus auprès duquel je me fournissais à l’époque. Apprendre seule à coudre, ce fut un parcours semé d’embuches qui m’a demandé ténacité, réflexion et quelques containers de patience. Maintenant je peux dire que je sais coudre.


L’informatique en revanche, c’est une autre histoire… Cela nécessite une prise en main de la machine et de son contenu que je ne suis pas toujours prête à faire, par ennui, par paresse aussi puisque de toute façon, j’ai à domicile une personne chère à mon cœur qui sait, lui.

Il est vrai que cette dépendance ne me convient pas toujours, particulièrement lorsque je mets en place un projet qui doit être réalisé dans la journée. Dans ce cas je suis bien obligée de m’enlever les doigts du smoutch (question métaphore, j’ai pas mieux en magasin et encore je reste polie). Donc, hier justement et pour la première fois, j’ai ouvert Power Point non sans une certaine appréhension. Qui n’a pas duré. Parce que j’ai trouvé beaucoup d’infos utiles sur le web pour la marche à suivre. J’ai donc construit mon projet de bout en bout sans crispation, à mon grand étonnement.


Finalement, aller regarder de près ces agacements et autres irritations peut apprendre beaucoup de choses sur soi. Toute forme d’impatience et de contraction sert de levier pour solutionner le problème rencontré dans l’instant et qui n’est pas toujours celui qu’on croit. Me concernant, il s’agit souvent d’un manque de confiance et de foi en mes innombrables capacités. En avoir pris conscience tout récemment me permet d’expérimenter certains aspects de ma vie d’un œil nouveau, même si parfois ça pique un peu et que c’est rêche ou étroit aux entournures. Je fais avec.


De toute façon, un ordinateur n’a pas pour fonction d’empoisonner nos journées. Ni même les gens et encore moins les situations rencontrées sur notre chemin.

Et souvent, tourner un regard à l’intérieur de soi permet de se libérer de ces croyances.


A bientôt !