Mange mon lapin

Comme proposé dans l’article « Episode 1 – La chatte » où tu découvres le mutisme tactile de notre chatte adorée, je vais te parler de l’alimentation animale et plus particulièrement celle de nos petits félins domestiques.


Comme tu le sais peut-être déjà, l’agroalimentaire ne se préoccupe pas de ta santé, et bien qu’elle te dise le contraire à grand renfort de slogans publicitaires, en fait, elle s’en moque. Du moment que tu achètes ses produits et que tu les ingurgite quotidiennement sans te poser (trop) de questions…


Pourquoi je te parle de nourriture humaine en introduction ? Et bien, concernant celle de nos animaux domestiques, c’est franchement pire.


J’en profite pour préciser ceci : le chat est un carnivore, c’est sa nature. Par conséquent, son alimentation doit être composée pour l’essentiel de protéine animale. Lorsqu’il vit dehors, il attrape et mange ses proies. Souris, oiseaux, mulots, lapins… ce qu’il trouve sur son terrain de chasse. Il consomme la chair, les os, quelques duvets et autres poils, ainsi que les viscères qui peuvent contenir plantes, graines, petits fruits. Un tel chat boit très peu puisque cette alimentation suffit à son hydratation. Et ses proies lui fournissent tous les micro-nutriments dont son organisme a besoin en calcium, potassium, taurine, etc…


Maintenant, regardons avec quoi nous avons pris l’habitude de nourrir nos félins domestiques. De la pâtée en boîte et des croquettes. Constitués de déchets de viande impropres à la consommation humaine, de sous-produits animaux, de céréales, de légumes farineux, de légumineuses, de liants chimiques, de colorants… pour 4 % de protéine à minima.

Bien sûr tu trouves des croquettes avec un « bon » niveau de protéines, mais l’ajout systématique de betteraves, pommes de terre, riz et autres amidons font que le taux de sucre avoisine les 20 à 32 %, ce qui est inapproprié pour un félin.


Pour ma part, cela fait quelques années que je m’interroge sur la qualité de cette nourriture industrielle animale, ayant à l’esprit que l’agroalimentaire dédié à l’humain c’est déjà pas folichon.


Lorsque je lui ai posé la question, mon véto m’a fortement déconseillé l’alimentation ménagère, ainsi nommée lorsque que tu la prépares toi-même. Parce que c’est forcément carencé alors que les croquettes et pâtées, non…

Dis donc, t’as pas l’impression qu’il y a un truc qui cloche là ?


Il y a quelques mois, je me suis replongée dans mes recherches pour constater qu’il existe maintenant un mouvement autour du BARF (Biologically Appropriate Row Food), des livres enfin traduits en français et toute une communauté active.

Bien sûr, passer au BARF ça ne s’improvise pas et nécessite une certaine organisation. C’est un coût aussi, mais tu ne nourris pas une panthère non plus.


Pour l’instant, je donne à notre chatte un repas de viandes crues. Une fois par jour, en complément de pâtée et de croquettes de qualité soit un tiers de sa ration quotidienne. Il faut bien commencer quelque part…

Et Cacahouète y a pris goût tout de suite. Passé midi trente, elle braque sur moi ses yeux d’agate avec insistance jusqu’à ce que je pose son assiette à portée de crocs.


Deux mois de ce nouveau régime alimentaire et je constate quelques améliorations chez la miss : ses oreilles sont devenues propres ainsi que les yeux et le nez, elle semble avoir meilleure haleine et lorsqu’elle crotte, ça ne sent rien ou presque (oups ! désolée si tu dégustes un bon gâteau en me lisant…).

Je reconnais cependant que ça ne change rien à son tempérament de froussarde. Hélas…


Peut-être ai-je réussi à éveiller ta curiosité sur la question, peut-être pas.

Quoi qu’il en soit, faire l’effort d’apporter une nourriture biologiquement appropriée à nos chabouilles, en plus de les aider à vivre dans les meilleures conditions, c’est aussi une preuve d’amour.


Miaou à toi !