Sur le chemin

C’est fou comme le temps passe vite, tu as remarqué toi aussi ?

Hier j’avais 20 ans à peine et voilà que dans quelques mois vont sonner mes 60 printemps. Non pas que je me sente vieille. Mais en regardant de temps en temps derrière moi, je vois ce long et sinueux chemin de vie qui est le mien. Je devrais dire les chemins de ma vie. Tantôt larges comme des autoroutes, ciel clair et vent frais dans la voilure, tantôt étroits, creusés d’ornières et de flaques, les cieux zébrés d’éclairs ou silencieux comme un jour de neige. Les chemins se croisent puis s’éloignent, au fil des rencontres et des choix qui ont été miens.

Je n’ai pas la nostalgie de l’avant. A quoi bon ressasser le déjà vécu dont les souvenirs s’estompent ou s’enjolivent d’histoires inventées afin de supporter l’ordinaire.


Mais je m’égare… je voulais juste te parler de quelque chose qui a retenu mon attention en réfléchissant à l’article de cette semaine. C’est un vieux souvenir datant de mon enfance, une phrase que répétait souvent mon père et qui disait ceci : « Les gens qui mangent leur pain noir aujourd’hui seront les mêmes qui mangeront leur pain blanc demain ».

Ou inversement. Autrement dit, si tu en chie aujourd’hui, forcément demain tu mériteras de t’en sortir. Et si tout est facile pour toi maintenant, ne t’étonne pas de le « payer » plus tard.

Tu es toujours là ?

Dans ma tête de petite fille, c’était une sorte de pacte bizarre. Je ne comprenais pas qu’il faille souffrir pour mériter le Paradis alors que toute jouissance (de la vie) te promettait direct les Enfers.

Tu auras compris que je suis de confession catholique, à ce jour non pratiquante. Et bien portante.


Nos vies sont cousues de ces idées reçues de nos ainés, de nos éducateurs, de notre société. Pour autant sont-elles justes, authentiques, vérifiables ? C’est toute la question.

Ma propre vie est teintée de ces croyances particulières, ayant limité ou limitant encore plus ou moins mes propres choix. Pour autant, je constate aujourd’hui que ce ne sont que des pensées, humaines, érigées comme autant de vérités absolues, héritage de mon éducation et du monde qui m’entoure. Mais. Je peux toujours choisir, en conscience, soit d’y adhérer, soit de les accepter pour ce qu’elles sont. Rien de plus que des mirages.

Et peut-être que le propos transmis par mon père il y a si longtemps n’est-il revenu à ma mémoire que pour être accueilli et transmuté une bonne fois pour toute.


Je laisse le dernier mot à Marianne Williamson, parce que cela résume bien ma pensée du jour.

« Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées,

Rien ne vous limite excepté vos peurs,

Et rien ne vous contrôle excepté vos croyances. »


Prend soin de toi et à bientôt !